La déréglementation de la profession d’expert comptable n’est plus une menace hypothétique, mais une réalité qui impacte la nature des prestations proposées aux patrons de TPE.
Les missions comptables et sociales sont banalisées et leurs contributions au CA des cabinets et à leur rentabilité se contractent en proportion. Il faudra bien sûr toujours les produire, aussi bien, mais plus vite et moins cher.

On peut assimiler un cabinet comptable à une industrie qui travaille de l’information, avec des phases d’acquisition, de transformation avec valeur ajoutée et de distribution vers différents tiers en respectant des délais et des normes de qualités.

Il est alors normal que l’évolution de l’outil de production et de gestion interne suive les mêmes tendances que celles des outils industriels. Or, si les progrès se sont concentrés pendant des années sur une amélioration des cadences, c’est désormais sur l’optimisation des flux, de la logistique et de la qualité que se situent les gisements de gains de productivité.

EDI, récupération des relevés bancaires, OCR, archivage, dématérialisation à valeur probante, s’imposent désormais à grande échelle dans les cabinets.

Parallèlement, une offre toujours plus vaste de conseil en ligne voit le jour. La valeur ajoutée du conseil d’expert n’a heureusement pas d’équivalent, comparée aux actions orientées que proposent les banques ou les assureurs, pour ne citer qu’eux. Cependant, les nouvelles générations de décideurs sont influencées par leurs messages, et “formatées “par la devise des services web “Better, Faster, Cheaper”. Les experts comptables vont devoir non seulement être capables de produire industriellement des missions de conseil, mais ils devront rendre ces services visibles et les différencier de la multitude d’offres agressives du web, tout en en adoptant certaines règles.

Pour ce faire, la mise en place d’outils de travail collaboratifs « en temps réel » va s’imposer, et l’utilisation d’outils dédiés aux missions de conseil va se systématiser.

C’est ainsi qu’on pourra envisager un vrai partage d’informations et des prises de décisions communes, fondées sur des tableaux de bord personnalisés mais produits automatiquement. C’est encore le développement du travail en temps réel sur une même base d’information comptable qui va optimiser définitivement le travail partagé.

Fort de ces constats, comment orienter les jeunes professionnels dans leurs choix d’outils ? Ces techniques ne sont-elles pas encore trop avant-gardistes ou trop coûteuses pour de jeunes structures?

En s’appuyant sur un exemple concret, vous découvrirez qu’il n’y a pas de taille critique nécessaire au déploiement de ce type de solutions et qu’au contraire, en cas de création, il est parfois plus simple de structurer dès le départ son cabinet sur ces nouveaux principes de production que d’envisager une mutation vers ceux-ci.

Un témoignage d’un jeune créateur de cabinet viendra étayer ces propos et motiver encore davantage ceux d’entre vous qui s’engagent dans cette belle aventure.

Intervenants :

  Pascal Liénard,
Directeur de l’offre PCL Cegid
  Sylvain Regnault,
Membre du CJEC